mercredi 19 septembre 2012

Salut chéri, je te présente mon NEX

Akoihsin, CC-0

En photo, le reflex offre probablement le meilleur compromis entre les diverses contraintes qui s'exercent et la taille du marché est telle que l'on y trouve à peu près toutes les optiques et accessoires imaginés, pour un meilleur rapport qualité prix que sur des secteurs plus confidentiels (amateurs de moyen format numérique, bonsoir).

Seulement voilà, il reste deux épines de taille pour pas mal de monde: un reflex, même petit, c'est encombrant et les haut de gamme peuvent être très lourd; le numérique et la quantité d'électronique embarquée avec n'ont rien arrangé sur ce dernier point, au contraire. Il y avait donc un marché pour les nombreux amateurs qui en avaient marre de se coltiner un âne mort mais qui ne voulaient pas renoncer à la polyvalence et à la qualité pour autant.

Le premier à s'y coller fut Panasonic, associé pour l'occasion à Olympus (ce dernier était déjà réputé pour ses boîtiers compact de haute facture du temps de l'argentique). Le Lumix DMC-G1 sortit en 2008. Il présentait toutefois deux inconvénients majeurs: celui du format 4/3, mal équilibré à mon goût (mais c'est personnel et ça peut se régler au recadrage) et, plus embêtant, une taille de capteur inférieure de 40% à l'APS-C, déjà elle-même inférieure au standard 24x36. Or, qui dit petit capteur dit grande profondeur de champ et surtout beaucoup de bruit à haute sensibilité. Ces boîtiers, dont certains sont fort élégants au demeurant, ne m'ont donc jamais réellement fait de l'oeil.

La donne a changé en juin 2010, quand Sony a annoncé avoir réussi à caser un capteur de la taille de celui d'un reflex dans un gros compact. Je savais vaguement que, même s'il n'en était pas question dans l'immédiat, j'en achèterais un. Un jour.

Ce jour est arrivé (tadaaaaaaam).

Je ne vais pas vous faire une revue complète du bidule, d'autres l'ont déjà très bien fait. Par contre, parce qu'on le voit moins souvent, je vais tenter de circonscrire les usages où il peut être aussi, voire plus intéressant qu'un reflex, et ceux où s'encombrer et se tasser une vertèbre ou deux en vaut encore la peine. Pour répondre un peu mieux à la question qu'on me pose souvent: "Je voudrais me (re)mettre à la photo, que me conseilles-tu?".

Photo de vacances / balade / randonnée / chouille

Probablement l'usage exclusif de 90% des amateurs (et qui fut longtemps le mien avant que je me retrouve à me geler régulièrement les miches au bord d'une patinoire ou d'un stade de foot), le NEX y fait des merveilles. Une belle dynamique, des photos sans bruit même à 1600 ISO, bref, la qualité et la souplesse du reflex pour le poids et l'encombrement d'un bridge. Si cette pratique est la seule qui figure sur votre cahier des charges mais que vous désirez aller plus loin que ce qu'un compact vous permet, n'hésitez plus. Vous trouverez des zooms standards et un grand angle lumineux, de quoi vous amuser un bon moment.

Reportage de rue

Beaucoup plus discret et moins agressif qu'un reflex, bien meilleur qu'un compact en basse lumière (et c'est fréquent sur ce créneau), l'autre raison de craquer pour un hybride.

Collections de musées

J'ai pu tester lors de mon dernier passage à Paris et, ma foi, en suis fort satisfaite. La profondeur de champ supérieure au plein format devient un avantage, la petite taille et l'aspect "pas trop pro" de la bestiole attire moins l'attention des gardiens et le bruit reste modéré même à 1600 ISO.

Photo événementielle / concert / mariage / etc

Là, j'avoue, je ne sais pas. Côté optiques, quelques focales fixes lumineuses sont dispos et doivent faire l'affaire. Je suis plus dubitative sur les performances de l'autofocus en très basse lumière et autres fumigènes mais je n'ai pas vraiment testé. Par ailleurs, on fait rarement des kilomètres sac au dos dans ce cas, le poids du reflex et des optiques classiques est donc moins un problème.

Photo de sport / d'action en général

Autant le dire tout de suite: oubliez. S'il y a un domaine où le viseur optique et l'autofocus à détection de phase ont encore leur mot à dire et le disent bien, c'est celui-là.

Macro / archi / optiques à la con

En l'état actuel de la technique, je ne vois pas ce qui peut empêcher un hybride d'obtenir de très bons résultats dans ces domaines. Ces optiques n'existent pas en natif et le trou sera peut-être bouché demain, l'année prochaine ou jamais. En attendant, tout une série de bagues adaptatrices permettent d'offrir une nouvelle vie à de vieux bijoux de famille et de faire des mariages quelque peu contre-nature, mais pas sans charme. De plus, le faible tirage des hybrides n'esquinte pas la mise au point à l'infini. Amis des brocantes, lâchez-vous.
Nex 5C + Leica 50mm Summilux
Andrew Xu, CC-by-sa 2.0

Vidéo

C'est aussi ce qui m'a attirée chez mon NEX. J'avais tenté la vidéo avec le Canon 5D mark II mais sans autofocus, il faut une troisième main ou régler l'ouverture sur l'hyperfocale. Pour le sport, je monte un Sigma 70-210 4.5-5.6 qui est une bonne optique mais trop lente et trop peu lumineuse pour la photo d'action.
video

Initiation et apprentissage

Là-dessus, je n'ai pas encore d'avis. J'ai pour habitude de conseiller un reflex d'entrée de gamme, qui est modulable à volonté, peu importe la marque. Mais on me pose souvent la question de l'hybride, qui fait presque tout comme les grands pour un peu moins cher. Oui mais voilà, tout est dans le "presque". Si mon apprenti photographe n'a aucune intention de s'aventurer dans ce "presque", à savoir, principalement, la photo d'action, la macro et autres optique exotiques, aucun problème. S'il se découvre une passion pour les Grand prix moto ou les libellules après six mois, j'aurai sur la conscience de lui avoir fait dépenser de l'argent pour rien.

Mon autre préoccupation est celle de l'apprentissage. J'a appris la photo sur de gros reflex avec de gros boutons bien visibles et facilement accessibles. Loin de prétendre qu'il s'agisse de la seule méthode valable, je suis tout simplement incapable de savoir s'il est plus facile / plus difficile / équivalent d'apprendre sur un boîtier dont plusieurs fonctions sont basculées dans des menus - en même temps, c'est aussi le cas sur de nombreux boîtiers reflex. J'apprécierais beaucoup de recevoir des avis de personne dont un hybride fut le premier boîtier ainsi qu'un petit topo sur leur usage: utilisez-vous principalement le mode tout automatique? Les modes "programme"? La priorité à l'ouverture / vitesse? Etc.

Voilà, j'espère avoir fait globalement le tour de la question. N'hésitez pas à poser des questions ou rapporter votre propre expérience en commentaires.

1 commentaire:

  1. J'ai pris un GF1 puis un GX1 malgré la petite taille de capteur parce que le format 4/3 ne me dérange pas (ça apprend à composer avec un ratio différent) et à cause des objectifs pancakes comme le 20mm/1.7 et le 14mm/2.5. Ça fait un ensemble très compact et la profondeur de champ est déjà relativement faible à f/1.7. J'ai obtenu de bons résultats en intérieur (genre repas de famille) où l'absence de flash rend très discret, et j'ai même couvert un mariage avec (l'autre photographe avait un Hasselblad argentique).

    Le principal problème est la mise au point, mais l'objectif très ouvert aide bien et j'ai noté une grosse amélioration en vitesse entre le GF1 et le GX1. Ce qui m'embête est plutôt l'absence d'un réseau de collimateurs genre reflex : c'est au choix collimateur central ou des modes « intelligents » que je n'arrive pas à utiliser.

    Au final, même si je préfèrerais avoir un capteur plus grand (aujourd'hui j'achèterais plutôt le Fuji X je ne sais plus quoi), j'aime bien le système micro quatre-tiers. Ça permet d'acheter des objectifs rigolos (genre fish-eye) pas cher.

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